Consulter les actes du 2eme Forum "La non-violence à l'école" (300Ko).
Le 13 octobre 2004, le 2ème Forum « La
non-violence à l’école », a réuni une centaine de personnes
(directeurs d'établissements, psychologues et infirmières scolaires,
enseignants, parents d'élèves, Conseillers Principaux d'Education, etc.).
Dans la matinée, au cours d'une table ronde, Daniel
Favre, Bernard Gaillard et Joëlle Timmermans ont présenté des expériences
qu’ils ont étudiées et évaluées en France ou en Europe.
Bernard Gaillard, maître de conférences en psychologie
clinique, psychopathologie, psychocriminologie à l'université Rennes 2
Haute-Bretagne, a partagé différentes conclusions d'évaluations de
programmes de formation à la non-violence et à la paix : l'intérêt
manifesté par les participants, les réticences rencontrées (malaise,
tentative de maîtrise de la situation, déculpabilisation
recherchée), l'importance de l'étude des conditions de faisabilité
(travail préparatoire, complicité du responsable).
Joëlle Timmermans, membre fondateur de l'Union Belge des
Médiateurs Professionnels et directrice de l'association "Le Souffle", a
présenté le programme "devenir son propre médiateur". Elle a fait part des
conditions nécessaires au bon déroulement d'une formation, telles que la demande
de la part de l'école, la mobilisation des enseignants, la formation, le
soutien des autres professeurs et des parents, etc. Elle a également
mis en avant qu'il est important que les enseignants soient libres
vis-à-vis du programme : il n'est en effet pas nécessaire de tout faire
mais plutôt de pouvoir investir et approfondir chaque rencontre. Elle a
également insisté sur la liberté vis-à-vis des résultats puisque la
formation doit permettre aux enfants les plus perturbateurs d'être plus
calmes mais aussi aux plus timides de s'affirmer davantage.
Daniel Favre, chercheur au laboratoire interdisciplinaire
de recherche en didactique éducation et formation à l'université de
Montpellier 2, a mené une recherche sur l'évaluation de la prévention de
la violence. Un des points importants de cette étude fut la recherche d'un
indicateur pour l'évaluation. L'empathie s'est révélée être un indicateur
significatif. Le terme d'empathie a été défini comme une capacité
acquise à se représenter ce que ressent ou pense l'autre tout en le
distinguant de ce que l'on ressent ou pense soi-même. La distinction a été
faite avec les autres composantes des modalités émotionnelles à savoir la
contagion émotionnelle et la coupure émotionnelle, cette dernière étant
souvent corrélée avec une tendance au comportement violent. L'empathie
devrait ainsi être un objectif pédagogique.
L’après-midi, des ateliers ont permis de rassembler les
expériences et les réflexions autour de trois grands thèmes : les
outils pédagogiques au service de l’enfant et de la classe, la formation
des adultes accompagnateurs et l’évaluation des actions de formation des
élèves.
Les débats ont été très fructueux. De nombreux
participants ont ressenti le besoin de créer un réseau pour continuer à
échanger sur ces pratiques.