N°17 - L’éducation aux écrans

Parue en mai 2010

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Lettre 17

Edito

L’influence de la télévision et des jeux vidéo violents sur les comportements des enfants ne fait plus de doute. Des centaines d’études, aux Etats-Unis, au Canada, mais également en Europe en ont fait la preuve. Si la télé-violence n’est pas seule responsable le l’augmentation des comportements agressifs, elle joue néanmoins un rôle majeur. La privation volontaire de télé et de jeu vidéo pourrait-elle réduire la violence physique et verbale ? L’expérience a d’abord été tentée dans une école de San José, en Californie. Puis, sous l’impulsion de Jacques Brodeur, animateur de l’association Édupax, elle s’est développée au Québec sous la forme d’un Défi de la dizaine sans télé ni jeux vidéo. En France, cette idée a été mise en Å“uvre en mai 2008, par une école élémentaire dans le quartier du Neuhof à Strasbourg sous le nom de Défi des 10 jours pour voir autrement, alors que depuis 1997 l’association "Enfance télé : Danger ?" avait déjà lancé la Semaine sans télé à Wimereux dans le Pas de Calais.

Fort d’une expérience portant sur une centaine d’écoles, l’association Édupax fait un bilan très encourageant de ces opérations : « En réduisant leur consommation, les jeunes découvrent une autre vie, les parents se rapprochent des enfants et conversent davantage avec eux (alors que la moyenne actuelle est d’une trentaine de minutes par semaine pour plus de 20 heures passées devant la télé), l’école se rapproche des familles. Le Défi est un exercice de consommation responsable, de santé mentale et de mobilisation sociétale qui permet de réduire la violence physique et verbale, la sollicitation publicitaire et l’obésité. » Quelle classe arrivera à battre le record de 4387 heures récupérées sur la télé pendant un tel défi ?

Le piège des violences du virtuel, nous dit Jean-Marie Petirclerc, c’est que la souffrance de la victime est gommée, occultée. Développer des jeux de rôle en maternelle où les enfants sont invités à jouer successivement le rôle de l’agresseur puis le rôle de la victime dans une scène de télé-violence est à même de réduire l’influence de la télé, génératrice de violence : c’est ce qu’a démontré expérimentalement Serge Tisseron. Cela a donné l’idée d’une fiche pédagogique utilisable pour la classe.

Aujourd’hui, en moyenne, l’enfant passe plus de temps devant un ordinateur que devant la télévision. Il y a un apprentissage à l’utilisation d’Internet qui se fait dans les écoles. Il ne s’agit pas seulement d’apprendre comment rechercher efficacement des informations utiles pour la recherche documentaire, mais aussi à déjouer les nombreux pièges du web : déjouer les piège du marketing, éviter de donner des informations personnelles lors des échanges avec des inconnus, savoir vérifier les informations trouvées sur le site, déjouer les rumeurs, les discriminations et les préjugés dans ces informations, apprendre la civilité des échanges sur le Net (la nétiquette) sont autant de savoir-faire relationnels qu’il est indispensable de transmettre aux élèves.

Le comité de rédaction de la LETTRE



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